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 Mégane Delys, la flûte en Fa#

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Nelphalyn
Plume et pinceau
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Date d'inscription : 18/08/2014

MessageSujet: Mégane Delys, la flûte en Fa#   Ven 22 Aoû - 15:39




Ce soir, dans l’auberge, certains n’ont d’yeux que pour la flûtiste itinérante qui se produit contre un repas chaud. Quelques-uns ont même déjà  préparé une ou deux pièces à déposer dans le chapeau de la jeune musicienne après sa prestation. Il faut dire que le regard presque timide qu’elle pose que sur son publique entre chaque morceau en serait presque touchant, et délie facilement les cordons des bourses. Ses opulentes boucles blondes qui encadrent un visage aux joues rosées, sa peau d’albâtre rehaussée de grands yeux bleus et de lèvres pleines lui donnent un air de poupée de porcelaine.

Alors qu’elle achève ses dernières notes et salue à la façon des saltimbanques, elle offre un sourire très doux qui motivera à n’en point douter les derniers radins du petit publique à se délester d’une petite pièce dans le chapeau mou qu’elle fait circuler ensuite. Chaque nouveau don se voit récompensé d’un remerciement, et elle parvient même à arracher une participation, déposée d’une main expéditive et tendue, aux deux dames de la table du fond qui semblent vouloir passer inaperçues.  

La demoiselle s’installe ensuite au comptoir pour y engloutir le ragoût à la sauce clairette accompagné de trois demi pommes de terre et quelques rondelles de carotte qu’on lui dépose devant le nez pour avoir diverti et animé une poignée de personnes une heure durant. Le tavernier lui fait un peu de gringue qu’elle accueille d’une mine flattée mais quelque-peu gênée. Sans tout à fait repousser ses avances, ni vraiment le laisser faire non plus, elle parvient à se faire offrir une tasse de café brûlant qu’elle entame alors qu’un individu encapuchonné entre pour s’accouder à sa gauche. La musicienne se décale un peu, visiblement pas très rassurée alors qu’il se penche sur le comptoir pour demander nommément deux femmes à l’aubergiste. Le comptoir est désert, les quelques clients en salle ne s’occupent pas du tout de ce côté de l’établissement, et les deux femmes du fond ne sont pas visibles derrière le paravent qui les isole légèrement du commun des clients. La voilà donc seule au comptoir avec l’aubergiste quelques peu affamé de chair et un individu un rien sinistre dont le visage est largement ombré par une grande capuche d’un noir à la couleur passée depuis longtemps. Parfait.

Armée de son plus charmant sourire plein d’innocence, elle se réoriente vers l’arrivant alors que le tavernier file prévenir les deux femmes du fond.

- « Bonsoir Ser. Un petit air de flûte pour vous distraire contre une part de tarte aux prunes peut être ?

- Non. Qui êtes-vous ? dit-il d’une voix rauque et granuleuse alors qu’il tourne la tête vers elle, offrant une meilleure vue sur son visage dur, fermé, et marqué par plusieurs cicatrices.

- J… je… je ne… bégaye-t-elle, admirablement impressionnée.

- C’est bon Reg, c’est rien qu’une musicienne itinérante. Elles t’attendent au fond, dit l’aubergiste en revenant, les mains dans les poches. »
Alors que Reg grogne son approbation et file vers le paravent au fond de la salle, l’homme en tablier à la barbe mal rasée sourit à la jeune femme.

- « Faut pas t’en faire ma belle, il est pas trop méchant celui-là. C’est quoi ton p’tit nom d’ailleurs, princesse ?

- Ho, il m’a fait un peu peur… Moi c’est Mégane.

- C’est joli ça, Mégane. Et tu prends une chambre ? C’est pas bien sûr les routes la nuit tu sais, ajoute-t-il avec un sourire se voulant charmeur.

- Non, non, je ne peux pas payer ça. Et puis il faut que je sois en ville pour demain matin, j’ai laissé un instrument à réparer et j’ai peur de rater le luthier. Il n’est là que le matin, s’excuse-t-elle dans un adorable sourire presque ennuyé.

- Ho. Bah, tant pis, une prochaine fois. »

La flûtiste plisse un peu plus les yeux dans son sourire en guise de remerciement et prend congé, sa sacoche accrochée dans le dos et son instrument glissé dedans. Elle expire longuement après avoir passé la porte puis va récupérer son cheval attaché quelques heures plus tôt dans la cour, alors que le soleil brillait encore un peu dans son coucher. Elle prend appui sur le garrot de l’animal et se hisse d’un bond leste sur son dos avant de glisses ses pieds dans les étriers, empoignant les rênes de cuir brun avant de serrer les mollets pour le mettre en marche. Rabattant la capuche de sa grande cape de peau retournée, elle prend le trot sur le chemin de terre qui quitte l’auberge et prend la direction de la ville.

Une fois hors de vue de toute âme qui vive, elle quitte la route pour faire demi-tour sous le couvert des arbres et prend le petit galop en sens inverse. S’éloignant suffisamment de la route pour que la mousse et l’herbe étouffent le martellement des fers de sa monture, elle se dirige vers une petite colline à un bon quart d’heure de trajet, ménageant les foulées du cheval pour ne pas l’épuiser, en souple suspension sur ses étriers.  

Alors qu’une silhouette se découpe vaguement dans les ombres de la colline, elle réduit l’allure pour arriver à sa hauteur. Trop loin pour un quelconque contact, assez près pour pouvoir parler à voix basse, et s’adresse à son contact d’une voix complètement différente de celle employée un peu plus tôt. Froide, sobre, sans aucune trace du léger accent de campagne qu’elle avait alors, elle entame son rapport.

- « Votre homme est bien venu. Il s’appelle Reg, porte une cicatrice sur la droite du menton, droite, orientée à près de quarante-cinq degrés de la verticale, porte le cheveu court au moins, probablement roux sombre, la barbe taillée. Il lui manque un œil. Il a demandé mesdames Delcourt et Granvelle qui étaient au fond de la salle et parlaient de l’héritage. Il porte une arbalète de poing, dague au côté droit, sabre au gauche et marque un léger boitement de la jambe droite. Il semble droitier. Aucun complice dans les seize clients de la salle à première vue.

- Merci Fa’. Voilà votre payement, répond une vois lascive provenant de la capuche de son contact. »

La cavalière récupère la bourse lancée et compte les pièces qu’elle contient avant de la glisser sous sa cape en hochant la tête.

- « C’est Fadièse, on a pas gardé les cochons ensemble. Bonne nuit. »


Elle tourne bride sans attendre de réponse et file au petit galop pour contourner la colline et remonter en courbe douce vers la route qui s’éloigne de la cité. Monture et cavalière l’empruntent et repassent au trot puis au pas sur plusieurs lieues avant de la quitter à nouveau pour s’enfoncer dans un petit bois dans lequel la demoiselle met pied à terre après une demi-heure de trajet en zigzags à travers les arbres. Menant sa monture par la bride, elle met un genou dans les feuilles au sol, près d’une grosse souche, et abaisse sa capuche de cuir en ouvrant ce qui ressemble à une trappe dans le bois, invisible jusqu’alors.

Elle tire un miroir ovale aux bords de laiton ciselés, un coffret et une boite de bois large et plate, disposant le tout au sol. Elle saisit une perruque de cheveux noirs naturels dans sa boite et la démêle aux doigts avant de la fixer soigneusement en place pour ensuite la relever en un chignon haut et strict. Fadièse, comme elle se fait appeler, enroule sa poitrine dans un bandage serré pour en diminuer le volume, elle revêt une chemise masculine ainsi qu’une paire de chausses de cuir noir par-dessus un pantalon de lin simple. Elle ceint sa taille d’une large ceinture à double boucles et saisit de nouveaux pinceaux à maquillage. Après avoir remplacé se lentille bleu ciel par une paire de marron sombre, elle se grime pour donner une allure légèrement bridée à ses yeux.

Remballant ses outils aussi rapidement qu’elle les déballés, elle renfile sa cape et ferme à nouveau la trappe, la rendant à nouveau insoupçonnable dans la large souche d’arbre. Tirant un long chèche de son sac, elle l’enroule comme une écharpe autour de sa gorge et du bas de son visage, ne laissant que la partie au-dessus des pommettes visible. Elle ajoute quelques décorations à la bride et sellerie très simple de sa monture, entoure les canons de ses quatre membres de bandes simples qu’elle tire de son sac à dos et se hisse à nouveau en selle, repartant comme si rien ne s’était passé pour reprendre sa route.

Si la flûtiste Mégane est rentrée dans le petit bois, c’est en revanche Nicholas qui en sort, et Fadièse a entendu parler d’un nouveau contrat potentiel. Une nouvelle facette s’en chargera, et son maintien sur la selle atteste qu’elle est déjà dans le personnage.
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