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 Dans les geôles (inachevé)

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Nelphalyn
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Date d'inscription : 18/08/2014

MessageSujet: Dans les geôles (inachevé)   Mer 20 Aoû - 14:05

Ele­ne­laice et Fin­ra­viel se sont lan­cées à la re­cherche du père et du frère de cette der­nière. La piste la plus pro­bable les a me­nées vers les geôles de Dol Gul­dur, comme l’avait pres­sen­ti Fin­ra­viel près de trente an­nées plus tôt. Elle était alors trop peu ex­pé­ri­men­tée, et sur­tout bien trop seule pour pou­voir es­pé­rer une per­cée dans la for­te­resse. Il en est dé­sor­mais au­tre­ment.




Pas­sant ses lames dans un tis­su hui­lé, Fin­ra­viel ré­flé­chis­sait. De vagues braises sans fu­mée rou­geoyaient à quelques cen­ti­mètres de ses ge­noux pliés. De loin, la len­teur de ses gestes au­rait lais­sé à pen­ser qu’elle priait ou se li­vrait à un ri­tuel quel­conque. En réa­li­té elle re­pas­sait men­ta­le­ment ses der­nières jour­nées pour être cer­taine de n’avoir omis au­cun dé­tail.

Annà avait quit­té le fort d’Ost Ga­ladh juste après avoir énon­cé son plan. Fin­ra­viel n’avait ja­mais été au com­bat aux cô­té de la Nol­do, et elle la voyait à pré­sent sous un angle tout à fait nou­veau. Oh bien en­ten­du, elle avait ima­gi­né ce qu’elle avait pu être par le pas­sé lors­qu’elle avait ap­pris de sa propre bouche qu’elle était la pe­tite fille de Fëa­nor. Seule­ment, elle avait vite chas­sé ces idées de son es­prit pour n’y lais­ser que le pro­fond res­pect, l’ad­mi­ra­tion et l’af­fec­tion qu’elle por­tait à la grande elfe brune. Peu im­por­tait en réa­li­té les er­reurs qu’elle avait pu faire par le pas­sé. Au­jourd’hui, elle était son amie, elle dé­fen­dait la jus­tice, l’hon­neur, et souf­frait en si­lence des dou­leurs de son pas­sé. Elle était aus­si la seule per­sonne à qui Fin­ra­viel ne pou­vait échap­per. La seule per­sonne aux yeux de la­quelle rien n’échap­pait de sa per­son­na­li­té. Et pour­tant, elle ne l’avait pas re­je­tée, ni mé­pri­sée, ni ten­té de la faire chan­ger. Elle avait com­pris. Sans rien de­man­der, elle avait sim­ple­ment ten­du la main. Elle avait pris un peu du poids qui écra­sait les épaules de la jeune elfe, et cette der­nière s’en sen­tait si sou­la­gée qu’elle en au­rait dan­sé comme une en­fant si sa mis­sion n’était pas si loin de son terme.

Dres­ser le cam­pe­ment, re­pé­rer l’en­trée de la grotte, en­trer, re­joindre Annà dans les geôles. Aux com­mandes tem­po­raires des hommes d’Ele­ne­laice, Fin­ra­viel avait veillé aux deux pre­mières étapes. Le camp était dres­sé, sé­cu­ri­sé, et dif­fi­ci­le­ment re­pé­rable. Sur une cen­taine de mètres alen­tours, des lignes de pres­sion in­vi­sibles étaient ti­rées. Sans être re­pé­rables, le poids d’un en­ne­mi sur celles-ci suf­fi­rait à faire vi­brer de mi­nus­cules os­cil­la­teurs de bois dis­po­sés au centre du camp où la jeune chas­se­resse était as­sise. Il n’y avait qu’un che­min sur, mar­qué dis­crè­te­ment d’un sceau tra­cé à la sève de pin. Annà com­pren­drait si elle de­vait pas­ser par là. Deux éclai­reurs étaient al­lés sé­cu­ri­ser l’en­trée de la grotte puis re­ve­nus. D’après leur rap­port, quelques go­be­li­noïdes exi­lés y avaient élu do­mi­cile mais au­cune pa­trouille ne pas­sait, et le che­min vers les geôles avait été re­pé­ré dis­crè­te­ment. L’em­prun­ter en se glis­sant dans les ombres ne po­se­rait au­cune dif­fi­cul­té à Fin­ra­viel.

Tout était mi­nu­tieu­se­ment pré­pa­ré et contrô­lé. Tout. Et pour­tant, son cœur lui souf­flait l’an­xié­té. Annà était al­lée seule faire di­ver­sion. Faire sau­ter la mu­raille pour at­ti­rer les troupes de Than­gul­had , re­te­nant ain­si l’at­ten­tion du Gul­dur. Elle se glis­se­rait alors dans la pa­gaille qui s’en sui­vrait pour at­teindre les geôles. En­traî­née et ex­pé­ri­men­tée comme elle l’était, c’était lar­ge­ment à sa por­tée. Mais Fin­ra­viel sen­tait tout de même l’étreinte froide de l’an­goisse lui ser­rer la gorge. Elle se sen­tait res­pon­sable de la si­tua­tion. C’était elle qui avait ré­vé­lé à son amie ses soup­çons et son in­quié­tude concer­nant la dis­pa­ri­tion de son père et de son frère plus de trente an­nées plus tôt. Elle était donc à l’ori­gine de ces prises de risques, et elle s’en sen­tait d’au­tant plus cou­pable qu’elle ne sa­vait même pas si les dan­gers qu’elles af­fron­te­raient leur vau­drait de trou­ver les deux elfes morts ou vifs. D’ailleurs, al­laient-elles ja­mais les re­trou­ver ?

Dans un sou­pir, elle re­plia son né­ces­saire d’en­tre­tien des lames, fit tour­noyer ses armes dou­ce­ment entre ses doigts, puis les re­mis au four­reau. L’heure n’était plus aux ré­flexions sur le pas­sé. Elle de­vait lier son cœur et son es­prit en­tiers à l’exé­cu­tion de cette mis­sion. Il en al­lait de sa vie, de celle d’Annà, de celle de ses hommes, et de celle des pri­son­niers des geôles. Se ré­pé­tant une der­nière fois tout le plan, elle cei­gnit son bau­drier, son arc, ra­bat­tit sa ca­puche et fixa un tis­su de­vant son vi­sage, ne lais­sant que va­gue­ment luire ses yeux à l’éclat d’acier sous le noir de ses cuirs. Elle vé­ri­fia ses nou­velles lames de bottes et d’avant-bras et res­ser­ra ses car­quois. Après un ins­tant d’hé­si­ta­tion, elle glis­sa deux fioles à sa cein­ture. L’une pleine d’une mix­ture va­gue­ment verte, l’autre d’un li­quide sombre. Annà n’avait pas ap­prou­vé l’idée d’uti­li­ser du poi­son. Elle avait rai­son, les El­dar ne de­vaient pas s’abais­ser à ce­la, et c’est pour­quoi elle les dis­si­mu­la der­rière sa hanche. Ce­pen­dant, si elle avait ap­pris une chose des hu­mains, c’est que toute arme est bonne à prendre et que face à un en­ne­mi tel que ce­lui au-de­vant du­quel elle se ren­dait, peu im­por­tait la no­blesse et la pu­re­té au com­bat. Se pri­ver du moindre atout pou­vait être sy­no­nyme de tré­pas, et ses ad­ver­saires n’al­laient pas se pri­ver d’user de vice et de dé­loyau­té. Si elle pou­vait évi­ter de se ser­vir de ces élixirs, elle le fe­rait. Dans le cas contraire hé bien … elle ver­rait leur ef­fet pour la pre­mière fois en de­hors d’un ma­nus­crit.

D’un signe de tête, elle in­di­qua aux hommes d’Annà de se mettre en mou­ve­ment. L’as­saut était lan­cé.


Dernière édition par Nelphalyn le Mer 20 Aoû - 14:11, édité 1 fois
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Nelphalyn
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MessageSujet: Re: Dans les geôles (inachevé)   Mer 20 Aoû - 14:08



« Ins­pi­rer, dou­ce­ment, puis ex­pi­rer sans bruit. La pointe du pied en pre­mier et le ta­lon en­suite. Les ombres et le si­lence sont mon ar­mure. Ins­pi­rer, dou­ce­ment, puis ex­pi­rer sans bruit. La pointe du pied en pre­mier et le ta­lon en­suite. Je ne suis qu’une brise et nul ne me re­marque. Ins­pi­rer, dou­ce­ment, puis ex­pi­rer sans bruit. Mais bon sang sont-ils tous sourds pour ne pas en­tendre mon coeur co­gner comme un dé­ment ? Par les Va­lars la stu­pi­di­té des go­be­lins est une bé­né­dic­tion. »


Sans un son, in­vi­sible, Fin­ra­viel avance dans les dé­dales sous la for­te­resse. Les quelques go­be­lins qui trainent ne soup­çonnent même pas sa pré­sence. Elle a lais­sé les hommes d’Annà à l’en­trée de la grotte. Ils ont une heure pour pré­pa­rer et sé­cu­ri­ser leur sor­tie à che­val. La jeune elfe a fait ame­ner Tal­dîn, son grand che­val noir à l’oeil fou. Elle sait que son ga­lop ra­pide comme le vent sau­ve­ra au moins deux ca­va­liers en cas de be­soin. Son ca­pa­ra­çon lé­ger dé­vie­ra les flèches. Non, elle n’a pas à s’in­quié­ter de leur fuite.

Le plus dif­fi­cile n’est pas là. Il est dans les geôles. Elle le sens au plus pro­fond d’elle même, sans sa­voir de quoi il s’agit. Si Ele­ne­laice et elle ne sont pas as­sez dis­crète, une ter­rible me­nace s’abat­tra sur elles, elle en est convain­cue.

Voi­là le der­nier tour­nant. Après, une porte dé­ro­bée, quelques di­zaines de mètres de cou­loirs, puis l’en­trée des geôles, là ou son amie l’at­ten­dra. De ce­la aus­si elle se per­suade : Annà va bien, et elle l’at­tend en ta­pant du pied. Fin­ra­viel pousse la pe­tite porte, abais­sant à peine la poi­gnée, un pied sous le bat­tant pour sou­la­ger les gonds. Au­cun bruit. Elle coince le penne en bour­rant une feuille de­dans, et re­pousse la porte, as­su­rant ain­si la re­traite et la dis­cré­tion.
A pas de loups, elle pro­gresse dans le cou­loir. Juste après un coude se tiennent deux orcs en armes près d’une torche. Elle étouffe la vague de haine qui pointe au creux de son ventre et s’ap­proche en si­lence, in­vi­sible dans l’ombre. A deux pas du ha­lo clair de la torche fi­chée au mur, elle dé­gaine sans bruit les deux longs sty­lets de ses gants. A un pas, ra­mas­sée sur elle-même, elle se pro­jette entre les deux gardes. Pi­vo­tant sur ses pointes de pieds, elle en­fonce ses sty­lets jus­qu’à la garde dans les reins de ses ad­ver­saires. Exac­te­ment entre les côtes, per­fo­rant les or­ganes. Pa­ra­ly­sés, in­ca­pable de crier, il ne lui faut qu’un ins­tant pour tran­cher leurs gorges, ac­com­pa­gnant leur chute au sol.

Deux morts, et tou­jours au­cun bruit. Fin­ra­viel as­soit les deux ca­davre contre les murs et pour­suit sa route dans le cor­ri­dor sombre. Elle per­çoit de vagues bruits de cuir au loin. Toutes les torches sont éteintes au de­vant d’elle. Avan­çant très pru­dem­ment, tous les sens aux aguets, elle serre ses dagues dans ses mains. A quelques pas des bruits, elle sent une odeur de poudre, de tis­sus et bois brû­lés et loin der­rière ce­la, une note de feuilles fraiches ca­rac­té­ris­tique.


- " Annà ?

- Bon sang Fin­ra­viel, et si j’étais une sen­ti­nelle ?!

- Les sen­ti­nelles ne sentent pas les feuilles fraiches sur fond d’ex­plo­sion.

- (sou­pir) Bien, main­te­nant si­lence. Pas un mot, uni­que­ment des signes.

- (très bas) Annà, je sens une ombre ici. Fai­sons vite par pi­tié j’ai un atroce pres­sen­ti­ment.

- Je sais. Al­lons-y. "





Les deux elfes passent la porte sans un bruit et entrent dans le ves­ti­bule des geôles. Ta­pies dans l’ombre, elles ob­servent et écoutent. La di­ver­sion d’Ele­ne­laice a fonc­tion­né : un garde tra­verse la pièce en hâte, fi­nis­sant d’en­cor­der gros­siè­re­ment un arc. Lors­qu’il passe la porte prin­ci­pale, on en­tend les cors de Than­gul­had re­ten­tir au loin et la ba­taille faire rage. D’un signe de tête, Ele­ne­laice prend la tête.

Ra­sant les murs, dans un si­lence presque par­fait, elles entrent dans la pre­mière aile. La vi­bra­tion des murs et la pes­ti­lence am­biante leur in­diquent que des trolls pa­trouillent. En quelques fou­lées, elles se re­trouvent de­vant la pre­mière cel­lule. A tra­vers les bar­reaux, Fin­ra­viel constate qu’elle est oc­cu­pée par un go­be­lin pen­du par les pieds. Ne s’at­tar­dant pas, elle file à la se­conde porte et Ele­ne­laice à la troi­sième. Toutes deux vides. Les deux elfes pro­cèdent ain­si, évi­tant les pa­trouilles en se glis­sant oc­ca­sion­nel­le­ment dans les cel­lules in­oc­cu­pées. Mal­heu­reu­se­ment, elles ne trouvent que des cel­lules vides ou oc­cu­pées par go­be­lins et orcs plus ou moins vi­vants.

Res­sor­tant de la pre­mière aile, elles rasent les murs et entrent dans la se­conde. Pro­cé­dant à l’iden­tique ce n’est que par­ve­nues à l’avant der­nière cel­lule qu’elles trouvent leur pre­mier elfe. La porte est ver­rouillée.


- " Vous pou­vez cro­che­ter ? "


Fin­ra­viel se­coue la tête. Ele­ne­laice, pointe les sty­lets de la jeune elfe.

(A voix très basse)

- " Non. Je les cas­se­rais, c’est bruyant.

- Ark ne vous a rien ap­pris ?

- Pas ce­la. "



Fin­ra­viel ré­flé­chit un ins­tant puis sur­saute presque en po­sant la main sur sa bourse. Le­vant des yeux in­cré­dules vers Ele­ne­laice, elle sort le sceau que cette der­nière lui a ap­por­té quelques se­maines plus tôt. Se­couant la tête, une es­quisse de sou­rire au coin des lèvres, elle fait pi­vo­ter les deux ex­tré­mi­tés de la pierre ovale au­tour d’un axe in­terne. Le sceau a dé­sor­mais une forme de coeur dont les deux faces cou­lissent l’une sur l’autre, dé­voi­lant plu­sieurs fils mé­tal­liques bi­co­lores en­tor­tillés au­tour de deux mor­ceaux de si­lex.


- " Hi­ril Isilwë…

- Qu’est-ce ? Pres­sons vou­lez-vous ? "



Fin­ra­viel en­fonce un fil en­tor­tillé dans la ser­rure.


- " Son pro­to­type de passe par­tout per­son­nel. "


Elle crée une étin­celle avec les si­lex et en­flam­mel’une des ex­tré­mi­tés du fil dont la par­tie grise fond et prend la forme de la ser­rure. Elle sai­sit alors les ex­tré­mi­tés noires comme une poi­gnée qu’elle tourne, dé­clen­chant un cli­que­tis et dit :


- " Vous lui avez tout dit n’est ce pas ? "


Haus­sant les épaules en si­lence, Ele­ne­laice pé­nètre dans la cel­lule.
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