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 Mémoires éparses

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Nelphalyn
Plume et pinceau
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MessageSujet: Mémoires éparses   Mer 20 Aoû - 13:55


Nous sommes en plein mi­lieu de la nuit, juste après la ren­contre de Shaa­lel et Fin­ra­viel avec Li­thui­fin, un elfe de Ló­rien qui en­quête sur le mal étrange qui ronge les huorns. Les deux femmes campent sur les rives d’un lac. Shaa­lel dort de­puis dé­jà une heure, et Fin­ra­viel re­garde les étoiles. Ses yeux se ferment, et un sou­ve­nir de son en­fance dans la fo­rêt d’or lui re­vient en mé­moire…





Vlan !  Une nou­velle tape sur la tête blonde.


- " Le cœur, et L’ES­PRIT Inn­dî­nië ! L’es­prit ! Com­ment vou­lez vous com­prendre son dis­cours si votre ima­gi­na­tion est ailleurs que votre cœur ? Re­com­men­cez. "


La jeune elfe fit une moue bou­deuse, ré­ajus­ta sa po­si­tion en tailleur dans l’herbe, et ap­puya pour la sixième fois la paume de sa main sur l’énorme tronc de l’arbre. Elle ins­pi­ra, ex­pi­ra, plu­sieurs fois, et ten­ta de se concen­trer le plus fort qu’elle put sur ce que le vé­gé­tal res­sen­tait. Son cœur y était tout en­tier, mais son es­prit … il était en­core avec la fleur de tout à l’heure, elle était si jo­lie, sa cou­leur jaune pâle, la dou­ceur de ses pé­tales, son par­fum si frais qu’il lui en pi­co­tait en­core les na­rines rien qu’en y re­pen­sant.


Vlan ! Nou­velle tape. Pas forte non, pas pour faire mal, juste pour faire re­des­cendre son es­prit dans sa tête.


- " Vous n’y êtes pas, vous n’y êtes pas du tout ! Vôtre cœur est fort, et votre es­prit aus­si. Mais votre crâne est aus­si étanche qu’un fi­let de pêche … Je ne sais pas quoi faire de vous Inn­dî­nië, vous pour­riez être la meilleur d’entre tous mes élèves si SEULE­MENT vous ar­ri­viez à vous concen­trer sur votre tâche … "


Li­thui­fin lâ­cha un long sou­pir… puis po­sant dou­ce­ment sa main sur la tête de son ap­pren­tie, il sou­rit.


- " Al­lons, fi­lez. Quand votre tête au­ra conten­té sa soif de ré­flexion sur cette fleur nous re­pren­drons. "


Inn­dî­nië se le­va en sou­riant lar­ge­ment à son pro­fes­seur, puis par­tit en trot­ti­nant re­trou­ver sa fleur jaune.


Dernière édition par Nelphalyn le Mar 25 Aoû - 10:12, édité 2 fois
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Nelphalyn
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MessageSujet: Re: Mémoires éparses   Mer 20 Aoû - 13:56

Dans une clai­rière iso­lée et dif­fi­cile d’ac­cès, un gros sac do­du rem­pli de paille trône, per­cé de deux flèches. Fin­ra­viel est à plu­sieurs di­zaines de mètres, son arc po­sé à ses pieds. Elle res­serre un linge dur­ci et noué en un en­semble com­plexe au­tour de son bras gauche. La jeune elfe ra­masse son arme, en­coche une troi­sième flèche et tend la corde. La trac­tion est sup­por­table, mais lorsque le trait part et se­coue son avant bras, une dou­leur atroce re­monte jusque dans son crâne. Elle pose à nou­veau un ge­noux en terre, les yeux fer­més, et re­mer­ciant les arbres pour l’abri des re­gards qu’ils lui pro­curent, elle ne peut s’em­pê­cher de se plon­ger à nou­veau dans le sou­ve­nir de l’ins­tant qui lui va­lut sa bles­sure.




Elle a quit­té la route du re­tour à Im­la­dris de­puis une jour­née tout au plus. Elle suit en­core une piste d’orcs, deux cette fois-ci et à quelques lieues de la tour d’Or­thanc. Per­chée dans un co­ni­fère, elle ob­serve si­len­cieu­se­ment le trou dans la roche qui abrite ses proies. Elle at­tend que le jour se lève un peu plus, car elle sait très bien que les orcs ne l’aiment pas.

Quelques heure passent sans qu’elle ne bouge d’un cen­ti­mètre. Au­cun mou­ve­ment dans les en­vi­rons, ex­cep­té ceux de quelques ani­maux. Le jour est là, il a poin­té bien plus que le bout de son nez, et la lueur de feu dans la grotte s’est éteinte.

Les­te­ment, elle glisse au bas de son arbre, sans un bruit. Elle se di­rige vers l’en­trée de la grotte, une flèche en­co­chée, prête à par­tir. La vague noire de haine qui tam­bou­rine dans l’être de Fin­ra­viel de­puis qu’elle suit la piste s’in­ten­si­fie. En­core quelques ins­tants et tout se­ra ter­mi­né, elle pour­ra ren­voyer cette noir­ceur bien loin au fond d’elle, et re­de­ve­nir la jeune elfe calme et sou­riante qu’elle ai­me­rait être.

Quelques pas de plus, et les voi­là. Tous les deux, éten­dus près des cendres de leur feu. As­sou­pis. Elle tire, deux fois. Deux bruits sourds sui­vis de gar­gouillis l’in­forment qu’elle a une fois de plus vi­sé très juste. Ils n’ont pas eu le temps de s’éveiller qu’ils étaient plon­gés dans un nou­veau som­meil, sans fin ce­lui là. Res­pi­rant un grand coup, elle se pré­pare à en­trer dans la grotte, quand un cra­que­ment de branche dans son dos l’alerte.

Fai­sant volte face, elle se re­trouve face à deux orcs de plus, bien éveillés, et ac­com­pa­gnés d’un troi­sième, bien plus grand et fort que les autres. Ce­lui-là elle l’a dé­jà vu, oui, une fois. Et cette fois elle avait fuit. Mais pas au­jourd’hui. La dague el­fique de son frère pend tou­jours à la cein­ture de son ad­ver­saire. Cras­seuse, terne, mais elle la connait trop bien pour se trom­per.
Les trois as­saillants se di­rigent len­te­ment vers elle, confiants, fai­sant de grands mou­li­nets avec leurs épées courbes et rouillées. Le grand, le chef cer­tai­ne­ment, reste der­rière, un hi­deux sou­rire tor­dant son hi­deux vi­sage. Les deux sous-fifres se jettent sur l’elfe, qui roule au sol avant d’en­co­cher une flèche et de la lâ­cher pré­ci­sé­ment dans le pli du cou de l’un d’entre eux qui s’écroule. Le se­cond est sur elle, lâ­chant son arc, elle dé­gaine deux dagues ju­melles. Dan­sant au­tour de son ad­ver­saire, dé­viant ses coups, elle fi­nit par trou­ver une faille dans ses mou­ve­ments et s’y en­gouffre pour tran­cher net la gorge noire.

Elle avait com­plè­te­ment per­du leur chef du re­gard. Et c’est à ce mo­ment là, à l’ins­tant ou elle se re­lève, seule­ment ar­mée de ses deux dagues qu’une ombre passe sur elle. Elle n’a que le temps de se re­tour­ner pour voir une plom­mée énorme dé­crire la fin de son arc de cercle vers elle. Son seul ré­flexe est de se pro­té­ger de son bras gauche . Le mé­tal s’abat sur le cuir de son ar­mure, dé­chi­rant sa pro­tec­tion, écra­sant chair et os au des­sous. La dou­leur est telle qu’une mul­ti­tude d’étoiles dansent dans les yeux de la chas­se­resse. Elle va mou­rir, ici … après avoir pro­mis de ne pas être im­pru­dente, de ne pas se mettre en dan­ger … mais il n’y au­ra plus rien à sau­ver quand ils re­trou­ve­ront son corps … et plus per­sonne pour cher­cher son père et son frère. Un hur­le­ment re­ten­tit avant que le se­cond coup ne scelle le court des­tin de l’elfe.


- " Noooooooooon ! Aide-la ! Ai­dez-la ! Dame ! Rou­lez ! "


S’en suit une chaîne d’images floues dans son es­prit. Une énorme masse de four­rure heur­tant le chef orc de plein fouet alors qu’elle tente pé­ni­ble­ment de rou­ler d’un cô­té, des gro­gne­ments, des étin­celles … puis plus rien. Elle s’était ré­veillée un peu plus tard, fi­ce­lée comme un jam­bon sur son che­val qui sui­vait pa­tiem­ment ce­lui qui por­tait de­vant elle la pe­tite fille du conser­va­teur de la bi­blio­thèque de la ci­té blanche. A cô­té, un ours co­los­sal dan­di­nait son ar­rière train. Son bras bri­sé était ca­lé entre deux mor­ceaux de branches et main­te­nu contre son torse. Aeilwyn, l’hu­maine d’à peine vingt ans qui dor­mait la moi­tié de la jour­née sur une table ve­nait de lui sau­ver la vie. Et contre sa poi­trine, dans une poche de sa cape, un pe­tit poi­gnard dur lui di­sait qu’elle avait com­pris bien plus de choses à son su­jet qu’elle n’avait pu le lais­ser croire…




Fin­ra­viel se re­lève, et en­coche une nou­velle flèche. Son bras ne doit pas fai­blir, son es­prit non plus, et en­core moins son coeur.

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Nelphalyn
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MessageSujet: Re: Mémoires éparses   Mer 20 Aoû - 14:02

Un ge­nou po­sé sur la poutre prin­ci­pale du toit, elle re­garde la ville. Bree, ses che­mi­nées fu­mantes dans le cou­chant, l’agi­ta­tion des voya­geurs de pas­sage à l’au­berge du Po­ney Frin­guant, ses odeurs de nour­ri­ture, de bière et de fu­mée de pipe. Elle n’ap­pré­cie pas tel­le­ment tout ce­la. C’est trop bruyant, il y a trop de mou­ve­ment. Mais elle aime re­gar­der les gens. Tan­tôt in­sou­ciants, tan­tôt pres­sés, les hu­mains et les hob­bits qui ar­pentent les rues lui rap­pellent le choix qu’elle a fait de les pro­té­ger à la force de son bras. Elle porte sa main droite sur le cuir sombre qui couvre la ré­cente bro­de­rie res­ser­rant la plaie de son bras gauche, et se re­mé­more sa nou­velle voie.




- " Il y a deux ruines dans les champs de For­nost à l’ouest d’ici. Va, ap­prends leurs noms, et tue le plus des créa­tures qui les hantent que pos­sible. Sois de re­tour avant la tom­bée de la nuit. "


Elle ga­lope vite, pen­chée sur l’en­co­lure de sa mon­ture, se re­mé­mo­rant ses pa­roles. Ho bien en­ten­du elle connait le nom de ces ruines. Elle sait éga­le­ment que les par­jures les hantent, tout au­tant que les orcs et le bar­ghests. Mais elle joue le jeu. Elle ap­pren­dra les noms des édi­fices comme si elle ne les connais­sait pas. Ce n’est plus elle qui fixe les règles dé­sor­mais.

Ar­ri­vant dans les champs de For­nost, elle met pied à terre, et mur­mure quelques mots à sa mon­ture qui s’en va alors au trot. Il ne doit rien lui ar­ri­ver.
Elle re­garde le ciel, sou­pire, puis s’avance sans bruit vers les cré­neaux en ruines qui se dé­coupent sur le ciel. La pre­mière ruine, Tham Lorn, lui fait face. Elle s’avance à la re­cherche d’in­dices sur son nom et se trouve ra­pi­de­ment à af­fron­ter les par­jures qui fondent sur elle. Elle à cou­vert ses lames d’huile lu­mi­neuse, et la pe­tite fiole pend à son cô­té pour qu’elle y trempe ses pointes de flèches. Les re­ve­nants n’aiment pas la lu­mière. Quand douze d’entre eux sont tom­bés, les autres semblent hé­si­ter et re­culent dans les ombres sur son pas­sage. Elle ar­pente alors les pierres an­ciennes, mais ne trouve au­cun in­dice. Re­gar­dant la course du so­leil, elle dé­cide de pour­suivre vers le nord, vers la se­conde ruine, Gil­rost.

Ar­ri­vant en vue du se­cond édi­fice, elle aper­çoit deux sil­houettes dé­am­bu­lant à quelques mètres. Se pla­quant contre un arbre ra­bou­gri, elle ob­serve. Ce sont deux orcs. En elle com­mence à ton­ner la bête noire qui s’éveille. Elle à beau res­pi­rer le plus cal­me­ment pos­sible rien n’y fait comme à l’ac­cou­tu­mée. Seule­ment cette fois-ci les deux orcs vont pou­voir lui ser­vir d’in­for­ma­teurs. Elle en­coche une flèche et marche sans au­cun bruit der­rière ses proies, as­saillie par des vagues de haine qui la ré­pugnent. Lors­qu’elle es­time le mo­ment ve­nu, elle dé­coche son trait en pleine gorge du pre­mier, dans un bond ful­gu­rant elle lâche son arc, dé­gaine ses dagues et tranche net les ten­dons der­rière les ge­noux du se­cond. Coin­çant l’en­ne­mi de tout son poids, elle ouvre une brèche dans sa ju­gu­laire gauche. Le sang aus­si noir que la rage qu’elle main­tient à peine sort par à-coups, et elle plaque sa main droite sur la plaie, ser­rant la gorge fer­me­ment.


- " Donne-moi le nom des ruines. "


De sur­prise et de pa­nique, l’orc mou­rant lâche dans un gar­gouillis « Gil …Gil­rost, Tham Lorn ».

Elle se re­lève, trem­blante, es­suie ses armes et son gant et re­garde le ciel. Il est temps. Elle re­joint la route au mi­lieu des champs de For­nost et pro­nonce quelques mots tout bas. Sa mon­ture piaffe der­rière un arbre et s’ap­proche pour la re­con­duire à Es­tel­din.

A nou­veau, pen­chée sur l’en­co­lure de l’ani­mal qui pousse sa course au plus ra­pide, elle che­vauche. Tou­jours trem­blante, des larmes roulent sur ses joues. Sa bête prend tou­jours du temps pour re­tour­ner au fond d’elle, et ce temps elle ne l’a pas. Pour­tant il va lui fal­loir se cal­mer très vite si elle ne veut pas qu’Ark re­marque quoi que ce soit. Il n’est pas temps pour lui de sa­voir, pas en­core, bien­tôt peut être.




Et si elle se trom­pait de voie ? Si les ombres qu’elle choi­sis­sait n’étaient pas celles qu’elle était des­ti­née à maî­tri­ser ? Sou­pi­rant, Fin­ra­viel des­cend dou­ce­ment de son per­choir et part mar­cher près de la ri­vière.
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