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 Len Hautemain - Celui qui soigne tout le monde

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Nelphalyn
Plume et pinceau
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Date d'inscription : 18/08/2014

MessageSujet: Len Hautemain - Celui qui soigne tout le monde   Mer 20 Aoû - 11:02

Convalescence d'un oiseau de paradis




Huit heures et dix minutes, le docteur Hautemain observe sa patiente, les manches de sa chemise blanche soigneusement retroussées sur ses avant-bras musclés, un masque de lin sur le bas du visage. Ses cheveux, trop courts pour être attachés mais trop longs pour ne pas retomber devant ses yeux, sont retenus par un serre-tête de bois simple, comme à l’ordinaire lorsqu’il dispense ses soins. Il observe la jeune femme à travers ses lunettes de vue, éclairé par le jour au dehors qui pointe sur Noirfaucon.

Ses cheveux roux feu soigneusement arrangés sur l’oreiller ou repose sa tête n’ont pas bougé depuis sa visite de la veille au soir. Elle a toujours cet air paisiblement mutin qui ne quitte pas son visage même alors qu’elle est sédatée.  Len soulève l’emplâtre qui couvre la joue de sa patiente et tamponne doucement, délicatement, l’atroce mutilation en forme de pieuvre sur sa joue. Il inspecte la peau qui perd petit à petit cette teinte à la fois rouge rosée et nacrée qu’ont les larges plaies cicatrisées. Satisfait, il sèche la joue de Veole avec cette infinie douceur qui caractérise tant les pratiques professionnelles du jeune médecin. Ensuite, du bout de l’index et du majeur, il prélève une noix de l’onguent qu’il prépare chaque jour pour elle et l’étale sur la pieuvre. Avec minutie, il en fait pénétrer une partie dans les chairs à force de petits mouvements circulaires, puis pose par-dessus un nouvel emplâtre.

Il se lève puis va nettoyer ses mains pour la seconde fois déjà durant les soins. Il pioche ensuite dans sa valisette de travail pour en sortir une bande de coton à bouclettes épaisses flambant neuve, un petit tas de compresses et un nouveau pot d’onguent. Il dépose son butin sur le petit guéridon qui trône à la tête du lit et retourne fouiller dans son attirail méticuleusement rangé.  Un étrange pot à haut col pour inhalations et un flacon de liquide sombre et épais viennent rejoindre le reste sur le guéridon, alors qu’entre le duc Perenold en personne, chargé de quelques serviettes, d’une bouilloire fumante et d’un plateau garni de victuailles.

Déposant le tout près du médecin, Angus lâche d’un ton se voulant neutre :


- " Comment-va-t-elle ?

- Elle se remet Monseigneur. Ses plaies cicatrisent, mais elle conservera des marques aux poignets à cause du début d’infection des blessures. Ses côtes se réparent, mais le processus est lent, Monseigneur, elle a été dénutrie et son corps est faible. "



Dans un silence pesant, le duc pose un instant une main sur le front de Veole. Lui tout comme son épouse, se montrent cordiaux envers Len. Cordiaux mais réservés. Il sait qu’ils tiennent compagnie à leur amie, lui offrant quelques lectures, nouvelles ou discussions en privé. Il sait aussi qu’ils viennent l’aider à se nourrir lorsque les sédatifs ne font plus effet, et qu’ils lui remontent le moral tant que faire se peut, mais jamais devant lui. En sa présence, ils ne s’épanchent pas. D’ailleurs, après ce bref contact, le seigneur Perenold se retire, dans un silence toujours aussi épais qui traduit tout le souci qui semble habiter le couple ducal depuis leurs noces pourtant si joyeuses.

Doucement, le médecin tire les couvertures de plume et draps de flanelle qui recouvrent la petite rouge endormie. Il dégrafe délicatement sa chemise de nuit et à gestes très chastes, entreprend d’ôter le bandage épais et quelques peu rigide qui maintient sa cage thoracique. Non pas qu’elle soit laide, non mais si le jeune homme se montre volage au demeurant, sa priorité à cet instant va exclusivement à la réparation de la jeune femme abîmée qui lui a été confiée. Il la maintient donc d’un bras assuré, alors qu’il défait le bandage, palpe les côtes qui brisées qui fêlées du bout des doigts, et replace une bande neuve à la très légère odeur de camphre autour du buste fluet de la cabrioleuse aux ailes brisées.

Après l’avoir à demi rallongée dans ses coussins, il palpe l’épaule qu’elle avait de démise, à la recherche d’une quelconque chaleur anormale, puis referme le tissus crème à petits volants sur sa patiente. Il nettoie ensuite les blessures de son visage, y masse un peu d’onguent cicatrisant, puis range le matériel déjà utilisé à sa place.

Il se lave à nouveau les mains, et tire une seringue qu’il emplit pour moitié d’un liquide translucide avant de la désinfecter longuement. Revenant vers la jeune femme sédatée, il pique avec un soin tout particulier pour injecter le traitement censé aider son corps à lutter contre la mauvaise pneumonie qu’elle a contracté et soutenir l’opération de remplumage entreprise. Il range ensuite sa seringue, ôte son masque, son serre-tête, déroule ses manches qu’il lisse et reboutonne sur ses poignets, puis passe machinalement une main dans ses cheveux et sur sa petite barbe faussement négligée. Tirant un tabouret près du lit, il craque une petite capsule sous le nez de Veole avant de s’asseoir pour verser eau et préparation pour inhalation dans le drôle de vase prévu à cet effet.

Le temps que les premières vapeurs plutôt désagréables s’envolent dans la chambre,  une paire d’yeux noisette papillonne puis finit par se poser sur le jeune homme. Comme souvent, Veole lâche quelque chose de totalement saugrenu qui arrache sans peine un sourire amusé à Len.


- " Cochenille ! Le noir chemin où s’égare l’esprit endormi… C’est mauvais… C’est mauvais… Vilain rêve, ouste !

- Bonjour Veole. Je sais, le sédatif n’est pas amusant, mais au moins il vous évite de vous faire plus mal. "



Le rituel est bien rôdé, depuis les quelques jours que la danse se répète matin et soir. Il la sort de son sommeil forcé, lui fait inhaler les vapeurs aux accents mentholés et camphrés le nez dans l’étonnant vase coudé, lui fait avaler deux cuillères de sirop au très fort goût sucré, puis la fait manger.

C’est une malade docile. Maugréant comme elle sait si bien le faire contre l’odeur dérangeante des vapeurs, elle se plie sans broncher aux soins. Se faire soigner gentiment lui fait probablement du bien au moral. En tout cas, c’est ce que Len se plait à penser alors qu’il sourit en maintenant l’inhalateur. Il est difficile pour lui de ne pas être touché par l’état de la jeune femme, aussi se montre-t-il particulièrement attentif à ce qu’elle ne souffre pas et se remette vite. Peu habitué à discuter avec elle, il semble peiner à démêler le sens de ce qu’elle dit mais tente du mieux qu’il peut. La saltimbanque n’est pas particulièrement bavarde cependant. Toujours légèrement assommée par les sédatifs, épuisée moralement et physiquement pas les maltraitances qui lui ont été infligées, elle semble se contenter des sourires doux que le jeune homme lui offre, des quelques mots échangés pendant qu’il la fait manger et de l’œil attentif et bienveillant qu’il conserve sur elle toute sa présence durant.

Ce jour-là,  après avoir réussi à faire manger tout le contenu du plateau à la petite rouge, Len s’étire le dos puis dépose un petit paquet emballé dans du papier de riz sur le guéridon après avoir rangé ses affaires soigneusement, et pendu sa valisette à son épaule.


- " Quoi c’est, demande Veole ?

- Ouvrez, vous verrez bien. Reposez-vous Veole, à ce soir. "


Et le médecin sort en refermant derrière lui. Il croise Felaine dans l’escalier, toute d’un noir de deuil vêtue, et n’ose pas plus qu’un salut sobre à son égard. Dans le petit espace, il se sent écrasé par quelque chose d’impossible à toucher mais bien visible dans les yeux vert pâle qu’elle pose sur lui. La tristesse. Il ne peut s’empêcher pourtant de la trouver belle et regrette qu’elle et son amie rousse soient si élimées par la vie. En quittant la tour Perenold de Noirfaucon, Len salue le duc dont l’une des commissures semble vouloir s’étirer puis se raviser après un ou deux millimètres, et il regagne sa chambre d’auberge.
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