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 Patte brisée, cœur fendu

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Nelphalyn
Plume et pinceau
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Messages : 498
Date d'inscription : 18/08/2014

MessageSujet: Patte brisée, cœur fendu   Mer 20 Aoû - 10:41

Sur les pages jaunies du journal écorné de Rouge, l’écriture est fine, acérée, anguleuse et tracée d’une plume rapide




Cher journal,
Journal,

Connard,

Je suis trop conne. Vraiment trop conne. Hier, Avant-hier, Il y a quelques jours, je me suis pété le poignet. Comme une abrutie, j’étais allée chercher ce connard de Zeick. Ce débile a choppé la peste blanche comme il dit, la tuberculose quoi, en partageant la bave de Tyna. Cette paire de glands est persuadée qu’ils vont crever et que c’est incurable. Péquenots. Ça coûte une couille mais un bon toubib peut soigner ça avec des cachetons, j’ai déjà vu faire. Du coup, grosse maligne, j’ai filé à l’Arche en lisant sa lettre à l’autre con, pour aller lui dire qu’il était pas forcé de crever. Non mais sans déconner, si il veut clamser il a qu’à le faire mais pas se planquer derrière une maladie à la con pour faire genre ! Merde à la fin ! Puis c’est à chier d’se tirer comme ça bordel, égoïste et tout, les gens pensent jamais qu’à leur gueule et pas à ceux qui restent derrière… Bref, j’étais allée chercher l’autre tache.

J’ai passé quoi, deux jours à fouiner partout. J’ai commencé par les bas quartiers, j’ai recroisé cette fiente de porc de Riksel à qui j’avais pété la mâchoire. Il avait rien vu dans le coin, ni lui ni ses gars. Il a quand même vu ma tarte dans la gueule, pour le principe. Après j’ai cherché dans les égouts, sur la plage, dans les hauteurs, bref là ou y’a pas un rat à contaminer puisque cet abruti est persuadé d’être contagieux et de répandre la mort en respirant sous le nez des connards de l’Arche… Alors que bon, hein, comment t’es sur d’être malade avant de cracher tes poumons hein ? Mais non c’est plus marrant de s’tirer avec son barda sur le dos et d’inquiéter tout le monde… Bref. J’ai cherché partout où y’avait personne, puis j’ai enchaîné sur les marchés, et j’ai fini par les tavernes.

Bon, pour attendre, voir si il se pointait, j’ai consommé hein. Bien consommé même. J’étais raide morte en arrivant à l’Ombre du Lion, la dernière que j’avais pas encore faite. J’ai commandé un rhum je crois, puis à un moment, y’a Lisa, la petite blonde là, qui s’est faite reluquer et qui a parlé au mec en l’appelant Zeick. PUTAIN J’ÉTAIS EN ROGNE ! JE ME FAIS UN SANG D’ENCRE POUR CE TROU DU CUL ET IL SE PINTE LA GUEULE EN MATANT DES MEUFS FOUTRECUL ! Et attends, journal, le pire c’est qu’une AUTRE gonzesse s’est pointée. Je me rappelle de sa tronche, blonde aussi, petite, pas épaisse, cheveux courts, déjà vue avec Zeick au tout début quand on l’a repéré au Prom’. Bah elle était ENCEINTE, gonflée comme un furoncle qui traîne depuis trois mois tu sais ! Et le PIRE, attends, le PIRE ! C’est qu’elle disait que le polichinelle qu’elle a dans la commode, c’est à Zeick. Putain j’suis trop conne…

Après, tu me diras, y’a pas tant de raison de péter une pile. Je sais pas trop pourquoi je suis en colère en fait. Après tout je le savais, hein, qu’un jour lui aussi il irait voir ailleurs, c’est normal. De toute façon c’est toujours comme ça, ça a toujours été comme ça depuis la maison, et ça restera tout pareil. Je le sais pourtant que je dois pas compter sur les gens, que de toute façon en vrai y’a que moi et ma gueule dans cette galère. Mais je sais pas… j’ai eu peur de je sais pas quoi. Qu’il se foute en l’air connement, qu’il fasse trop le con et qu’il se fasse plomber, de plus jamais le revoir. C’est débile je sais, mais < gribouillage rageur à en percer le papier sur deux, trois, peut être quatre mots vu la longueur > je crois que j’ai mes petites habitudes.

J’ai failli gerber dans la taverne. J’ai senti une vieille bile bien acide me remonter dans la gorge, avec la boule au ventre et tout. J’aurai pu tous les buter, avant, je crois. J’ai préféré me tirer. Pas question de leur faire cette joie. J’ai pas besoin d’eux, j’ai pas besoin de lui, j’ai besoin de personne, et personne a besoin de moi. J’ai voulu aller balancer mon verre vide depuis le haut de la falaise en face du bouge, pour le regarder s’éclater sur les récifs, comme j’aurais pu éclater leurs tronches parce que j’étais en colère. Mais j’avais vraiment, vraiment trop picolé, et à grimper avec une seule main libre je me suis loupée. Ça pardonne pas ça sur les roches battues par le vent salé. Du coup je me suis bouffé la gueule. Je sais pas trop combien de fois j’ai touché les rochers mais une fois en bas j’ai nagé tout droit, réflexe. Une fois de l’autre côté, j’ai senti que mon poignet avait une couille, donc je sais pas trop ce que j’ai foutu, mais je crois que j’ai re-nagé dans l’autre sens. J’ai réussi à remontrer je sais pas trop comment, puis j’ai marché tout droit et je suis retombée sur cette putain de taverne. Je savais qu’il me fallait un toubib, j’avais tellement mal en plus de l’alcool que j’y voyais pas net à deux mètres. Je sentais mon sang faire le mariole dans tout mon bras droit et j’avais un mal de chien à aligner trois pas fermes, moi, qui me ballade dans les haubans des rafiots comme un petit singe bordel, la honte. Bref…

J’avais pas envie de re rentrer dans ce putain de trou à connards, et juste devant, bah… à peu près là d’où j’étais tombée je pense, y’avait un péquin. En fait c’était le mec qui lance des mouches, là, Korasan, mais je l’ai pas remis tout de suite j’étais trop mal. Je lui ai demandé si il connaissait pas un toubib, et là, trou noir. Aucune foutue idée de ce que j’ai bien pu foutre. Je me souviens avoir filé un pain à Zeick avec ma patte pétée, ça m’a retourné les boyaux. Je sais que je suis allée chez un toubib aussi après, mais j’arrive pas à me souvenir de plus que ça. Je sais juste que je me suis réveillée là, dans mon coin à moi, là où personne a jamais pu me chopper. Là ou personne pourra jamais m’atteindre. J’avais mal, partout, dedans et dehors. La tête à l’envers, envie de rien, froid comme pas permis. Depuis bah j’ai choppé de la bouffe, à boire, de la poudre à sniffer pour la douleur et j’attends que ça passe.

Je sais pas où j’en suis, ni ce que je dois faire. Ce que je dois penser, ou attendre, ou pas attendre d’ailleurs. C’est marrant, à chaque fois que j’essaye de m’appuyer un tout petit peu sur quelqu’un, je me fais avoir. Juste avant c’était Caius, le seul pote que j’avais pendant une paye, un peu mon frère quoi, qui a voulu me buter pour une connasse irréfléchie qui agite une paire de pétoires et suce des bites par caissons pour arriver à grimper de la fange au siège rembourré. Je déteste les gens. Je suis toute seule, et c’est vraiment pas demain la veille que ça changera. J’aurai mieux fait de cramer à la maison, ça aurait été plus facile que de payer ça toute ma putain de vie.
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