Fiches de personnage, textes et illustrations
 
AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 L'aube

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Nelphalyn
Plume et pinceau
avatar

Messages : 498
Date d'inscription : 18/08/2014

MessageSujet: L'aube   Mer 20 Aoû - 10:22

Il est près de minuit, et Rouge ne dort pas. Elle ne dort presque pas de toute façon. Pas depuis des lustres, pas depuis l’incendie. Le sommeil, ha ! Un vestige de sa première vie ! Particulièrement absent de la seconde, il reviendra peut être dans la troisième qui sait ? La jeune femme est assise en tailleur au milieu de sa chambre à Noirfaucon, en chemise de nuit, ses boucles rousses mouillées retombant en cascade autour de son visage alors qu’elle contemple le vieux journal de cuir corné devant elle.

Ce journal, ce vieil ami, probablement le seul qu’elle ait jamais eu vraiment… C’est vrai après tout, beaucoup de monde s’est soucié de Rouge mais qui a jamais pensé à Mimelryn ? Ses parents, ses deux frères et sa petite soeur ? Tous crevés. Si bien cramés qu’ils n’ont même pas de sépulture. Ces fils de putain, ces voleurs du Lys Pourpre les ont simplement effacés de la surface de la terre. Mais ces chiens sont morts aussi maintenant. La petite dame aux deux facettes s’en est occupée avant de sortir Rouge de sa cage chez les Séraphins. Mais elle non plus n’est pas son amie, non. Comme les autres elle ne voit en Rouge qu’un outil.

Les clients de sa seconde vie ne voyaient en elle qu’un service. Diablement efficace, affreusement discrète, impitoyable et surtout qui ne posait jamais de question hormis le prix proposé. Des amis comme ça, elle en a eu une chiée, pour sur. Toute une collection. Des drogués, des illuminés, des assoiffés de vengeance, des riches qui voulaient jouer au petit nécromant, des dangereux qui n’y jouaient pas… Tous se souciaient d’avoir la Rouge dans la poche. C’était tout ce qui importait, qu’elle accepte le boulot. Mais elle n’a jamais pu compter que sur elle-même. Ses quatre employés, ne dérogeaient pas à la règle. La preuve, quand les Séraphins l’ont attrapée, un s’est enfui. Les trois autres ont entamé le combat, espérant s’en sortir et toucher une belle prime en récompense sans doute. Mais ils ont été particulièrement cons. Haha, la belle bande de trous de balle ! Deux patrouilles de Séraphins en sandwich. Shpouik qu’ils ont fait. Un beau shpouik même. Les abrutis sont morts sans même tuer un soldat. Ils n’avaient pas de tripes après tout. Tout dissuasifs qu’ils étaient dans leurs tenues noires, veillant dans les coins sombres sur leur patronne, ils n’avaient pas les couilles pour le travail.

Au final elle s’en était bien tirée encore une fois. Sa dague gauche avait fendu une gorge en beauté alors qu’elle sautait comme un chat et que la droite délogeait un oeil. Le spectacle avait été court mais intense. Un seul bond avait fait deux morts. Mais la chute de l’oiseau rouge avait été accueilli par un bon coup de gantelet sur la nuque et rideau. Fin de la pièce. Le tigre était en cage.

Ça aurait pu très mal se terminer cette affaire. Son joli petit cou décoré d’un beau collier de chanvre en place publique. Elle se serait à peine trémoussée quelques secondes avant d’aller rejoindre ad patres tous les glands qu’elle avait pu envoyer plus ou moins directement chez Grenth. Mais non. Les félins ont plusieurs vies paraît-il. Ou alors ce vieux grigou de seigneur de la mort n’avait simplement pas envie de la voir picoler chez lui tout simplement. Toujours est-il que la petite brune avait débaroulé dans l’arène, ouvrant la porte de la troisième vie de Rouge. Une nouvelle vie, celle d’une arme à part entière maintenant. Et cette fois-ci, elle n’aurait aucun pouvoir, aucun. Des ordres à suivre et un joli paquet d’oseille pour vivre. L’un dans l’autre c’était parfait. Elle savait faire ça, buter du connard. Sauf que visiblement, sa patronne ne rigolait pas du tout cette fois. Son petit minois juvénile, si joli paré d’un sourire cachait une arme d’acier particulièrement dur et tranchant. Il allait falloir filer droit, sans quoi, pas de quatrième vie qui tienne.

Son long doigt fin, si habile à jouer des rossignols et des outils mortels parcours presque amoureusement la tranche du journal qui trône sur le parquet de sa nouvelle cage. Rouge repense à l’époque où elle écrivait dedans. L’époque ou elle croyait que sa vie de fuyarde allait être facile finalement. Celle où elle avait fait toute son expérience de combattante, dagues au poing, bottes contre des culs. Celle où elle avait navigué, bu plus de rhum que de raison et collectionné les marins plus ou moins pirates dans son plumard. A ce souvenir, un soupir soulève sa poitrine pâle et appelle un court rire rauque à franchir ses lèvres. Ouais, c’était une belle époque.

soulevant la couverture de cuir, l’ancienne contrebandière relis le journal de sa seconde vie, une pointe de mélancolie au coeur et un demi sourire aux lèvres. La troisième en sera peut être une chouette, de vie.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
L'aube
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Collection L'aube des peuples.
» Demain, dès l'aube...
» L'état civil de l'Aube est en ligne
» Les messagers de l'aube - BarBara MarciniaK
» AMIRAL AUBE - 1902 (CROISEUR)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Archives :: Guild Wars 2 :: [Clos] - Mimelryn Elgard :: Textes-
Sauter vers: