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 Première balle

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Nelphalyn
Plume et pinceau
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Messages : 506
Date d'inscription : 18/08/2014

MessageSujet: Première balle   Mer 20 Aoû - 10:22

La pute. La pute m’a entubée. Elle m’a piqué mon contrat, là, comme ça. J’avais la came, toute la came, et de la belle. Dix kilos d’explosifs de contrebande, du premier choix. J’en avais chié tiens, pour avoir cette qualité à ce prix. Et elle, pour deux heures d’avance, elle avait refilé des barils de seconde zone. Ce con de client avait payé, et je me retrouvais avec dix putains de barils sur les bras, la moitié de la thune à rembourser, et l’autre qui ne viendrait jamais tinter dans ma bourse. La pute.Je la vois, depuis les haubans. Si je tombe, là, comme ça dessus, je lui pète le crâne et je repeins le pont avec sa cervelle. Son sang, je veux son sang, là, maintenant, mais ce n’est pas le moment. Non pas devant les hommes. On repart demain, j’ai le capitaine dans la poche, sa carte dans la besace, et on va se faire un paquet d’or avec la petite expédition qu’il monte.
Je la suis par les toits. Je sens les tuiles sous mes pieds, je glisse dessus sans un bruit, je suis en traque. Cours ma belle, cours petite blonde. Arrête de marcher, t’es chassée. Cours putain ! Elle va chercher l’avance sur le contrat que le client a collé sur ma tête parce que je refuse de lui rendre son fric. Je me marre ! Ha putain ouais, je me marre ! Elle, me chopper ? Impossible elle est trop con. Personne n’attrape La Rouge comme ça si facilement, personne ne colle ses pieds de pute sur mon territoire, mon bâtiment, pour me manquer de respect. Je veux son sang, là, maintenant, et c’est presque le moment.

Elle marche, elle roule des hanches dans les rues du port. Profite, tortille ton fion Nenna. Bientôt tu ne tortilleras plus rien. Elle approche du bouiboui où elle a rendez-vous. Je m’arrête, là, sur le toit, dans l’ombre à l’aplomb de la porte, et j’écoute les soiffards qui jacassent. Elle ressort, le client aussi, content, ils topent, je saute. J’atterris entre les deux, pistolets aux poings, un sur chaque front.


- " Alors, on s’paye ma tête l’Boiteux ? On rince la pute blonde pour m’faire la peau ? "


J’arme les deux pistolets, doigts sur les gâchettes.


- " Personne ne s’paye ma tête, du gland. "


J’abaisse ma main gauche, et je flingue le genou de la blonde. Elle gueule, il gueule, je me marre. Mes quatre ombres paraissent aux toits alentours, armes en joues, personne ne moufte. Je rengaine mes deux pistolets, attrape la pute par le menton et la relève d’une main en sortant une lame. Je la plaque contre le mur du rade, et je me marre, lame contre sa gorge alors qu’elle chougne comme une conne qu’elle est.


- " ‘scuse moi Rouge, j’voulais pas, j’savais pas… "


J’écoute même plus ses conneries. Je fixe le Boiteux dans les yeux, lui offre un joli clin d’œil, et lui rappelle gentiment que si il a un truc à me dire, il ferait mieux de me le dire en face et en personne. Je reviens à la blonde, et je savoure la peur dans ses deux billes bleues. J’appuie sur ma lame. Un coup de poignet, et j’ouvre sa joli gorge d’une oreille à l’autre.

Son sang ! Son sang ! Il coule, il gicle par à-coups, y’en a partout. Je lâche sa mâchoire et passe ma langue sur la lame rougie d’hémoglobine. Le goût de métal envahit ma bouche et me monte à la tête. Les deux malabars du Boiteux sont à portée. Je saute, je tourne et cisaille, trop rapide pour leurs cerveaux d’idiots, et ils s’écroulent. Il parait que le sang me rend dingue. Des fois, je me maîtrise. Des fois. Et là, j’ai décidé de ne pas buter le client. Il s’est planté, il a fait confiance à la mauvaise personne. Mais maintenant il a compris. Je pose ma main pleine de sang sur sa joue, langoureuse, lui colle un baiser sanguinolent aux lèvres et souris.


- " J’te fais porter les barils au petit matin, l’Boiteux. "


Il hoche, je rengaine. Trois pas en arrière, je me retourne et rebrousse chemin.


PAN !





Rouge se réveille en sursaut, trempée de sueur, les cheveux collés aux joues, entortillée dans les draps. Elle s’est mordu la joue jusqu’au sang qui perle à ses lèvres et se tient le flanc. Cette nuit-là, elle s’en souvient très clairement, elle avait pris une balle. Cette nuit-là, elle avait eu sa toute première casserole aux fesses.
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