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 Journal de ma seconde vie - Jour 2

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Nelphalyn
Plume et pinceau
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Date d'inscription : 18/08/2014

MessageSujet: Journal de ma seconde vie - Jour 2   Mer 20 Aoû - 10:17


J’avais fait mon tour de garde en pre­mier, avec le nain. En­fin, j’avais fait le pre­mier tour de garde dans le noir, à l’écart du feu de camp, en même temps que le nain pour être exacte. Du coup les pre­miers rayons du so­leil m’ont ti­rée du som­meil. J’avais mal dor­mi, j’avais mal au dos, j’avais as­sez chaud pour trans­pi­rer un peu et le vent ma­rin était as­sez fort pour me don­ner froid. C’était pa­ra­doxal, je sais, mais je m’en fi­chais. De toute fa­çon, en vé­ri­fiant l’état de mes pos­ses­sions, mon hu­meur avait vi­ré au mou et au mo­rose pour un bout de temps. J’avais per­du mon par­fum, ma cou­ver­ture, les trois quarts de mon ar­gent … au moins il me res­tait mes fioles, mes armes et mes cordes. Je se­rais sale, je sen­ti­rais plus fort qu’un orc, mais je pour­rais tou­jours fi­ler un mal de bu ca­ra­bi­né au pre­mier qui le sou­li­gne­ra ou l’at­ta­cher à un arbre et lui lan­cer mes lames sur les pieds.

Nous avons re­man­gé du crabe, et dé­ci­dé d’al­ler cra­pa­hu­ter dans la fo­rêt pour s’oc­cu­per. Isaar avait en­vie de res­ter sur la plage avec ses ma­rins au cas où un ba­teau pas­se­rait au large. Comme la ba­lade en fo­rêt ne me ten­tait que très moyennement, j’ai proposé de res­ter glan­der avec eux. Non, en réa­li­té j’ai pro­po­sé de les pro­té­ger vaillam­ment, juste au cas où. Ils étaient plu­tôt fai­blards, mais on ne sait ja­mais. Les avoir de mon cô­té si un ba­teau nous ré­cu­pé­rait pour­rait me va­loir une ca­bine plus confor­table. Et au moins mes lames et mon cuir sombre, même tout abi­mé par le sel, les im­pres­sion­nait un peu je crois. Al­thor a cas­sé mon en­tre­prise, ar­gu­men­tant que tout seule, je ne pour­rais pas les dé­fendre contre quatre crabes. Il avait plu­tôt rai­son à la ré­flexion, et comme je n’avais pas l’in­ten­tion de mou­rir pour eux, j’ai abon­dé dans son sens et nous sommes par­tis tous les cinq rat­tra­per Go­lig qui dé­ga­geait le pas­sage en ju­rant.

Nous avons mar­ché plu­sieurs heures dans une fo­rêt plus épaisse que la grosse barbe du nain. J’avais trop chaud, je sen­tais ma che­mise trem­pée de sueur sous mon gi­let de cuir, mes pieds fai­saient ven­touse dans mes bottes et mon pan­ta­lon, dé­ten­du par l’eau et as­sé­ché par le sel, me ren­trait af­freu­se­ment dans le der­rière. Une pro­me­nade à la con en somme. Comme pré­vu. En­fin pas tant que ça en réa­li­té.

Au bout de trois ou quatre heures nous sommes tom­bés nez à nez avec une es­pèce de to­tem. Un gros pi­quet fi­ché dans un crâne hu­main dé­co­ré de plumes. Sym­pa­thique al­ter­na­tive à un grand pan­neau « vous n’êtes pas seuls ici ». J’ai tout de suite pen­sé qu’en gé­né­ral, on ne plante pas un seul pan­neau au mi­lieu de nulle part en es­pé­rant que quel­qu’un tombe des­sus. Non, on en met plein, tout au­tour de la zone qu’on veut mar­quer. C’est comme cette sa­le­té de chien à la ta­verne. Pour dire que MA ta­verne était SA ta­verne, il pis­sait par­tout au­tour, pas juste de­vant la porte. J’ai émis cette idée avec un peu plus de formes au groupe et sug­gé­ré que l’on vé­ri­fie qu’il s’agis­sait bien d’une li­mite. On a tour­né à droite et on a en­core mar­ché. Fa­ci­le­ment deux heures. Et comme de bien en­ten­du, on est re­tom­bés sur une sa­lo­pe­rie à plumes.

Tout le long du che­min, Treg nous a ra­bâ­ché qu’il va­lait mieux avan­cer tout droit au lieu de tour­ner en rond à cher­cher des pi­quets. Mon en­vie de lui mon­trer à quoi res­sem­blaient ses boyaux lais­sait place à une vraie sus­pi­cion. Qui de sen­sé vou­drait sé­rieu­se­ment avan­cer plus loin qu’un aver­tis­se­ment de mort ? Pas moi en tout cas. Je veux dire, un crâne, hu­main, au bout d’une pique… Dé­fi­ni­ti­ve­ment, la plage était plus sym­pa­thique. De toute fa­çon nous n’avions que deux choix. Ecou­ter Treg et s’en­fon­cer dans la fo­rêt, sans eau, sans nour­ri­ture, et à une heure plu­tôt avan­cée. Donc cam­per dans la touffe d’arbres géante. Ou alors re­brous­ser che­min et al­ler fi­nir nos crabes près d’un feu sous les étoiles. On a fait de­mi-tour. On a donc en­core mar­ché cinq ou six heures, et at­teint la plage avec les che­veux col­lés sur le crâne par la trans­pi­ra­tion. Avant d’at­teindre le cam­pe­ment, j’ai glis­sé à Al­thor que ce Treg était dé­fi­ni­ti­ve­ment étrange, ap­puyant sur son com­por­te­ment dé­ca­lé. Il a pris note tran­quille­ment. Dé­ci­dé­ment, pas très cau­sant le cu­re­ton. Ce soir-là, je me sen­tais vrai­ment très pré­sen­table en man­geant mon crabe avec les doigts, mais à cô­té d’un nain qui mâche la bouche ou­verte, n’im­porte quelle femme peut avoir un faux air élé­gant. De toute ma­nière, tout le monde avait en­vie de se re­po­ser, alors cha­cun re­gar­dait ses pieds, ou le feu, ou le sable, et mâ­chouillait le crabe ré­chauf­fé en si­lence.

Quand est ve­nu le mo­ment de prendre le pre­mier tour de garde, le grand a pro­po­sé de s’en char­ger avec Treg. Ca me conve­nait très bien, j’avais som­meil, et l’im­pres­sion que je pou­vais dor­mir à peu près tran­quille avec un re­li­gieux qui veille. Je me suis rou­lée en boule contre une des pa­lis­sades ap­proxi­ma­tives, une dague à por­tée sous la poi­trine et mon écharpe sous la tête. C’était plu­tôt bien par­tit cette af­faire. Sauf qu’évi­dem­ment, on ne s’échoue pas sur une plage parce qu’on a de la chance, mais plu­tôt parce qu’on en a pas. Alors une vraie nuit de som­meil…

Au bout d’une heure à peine, Al­thor nous a ré­veillés. « Treg s’est en­fui en cou­rant dans la fo­rêt » qu’il a dit. « J’ai lan­cé un sort de dé­tec­tion des charmes et il est par­ti en cou­rant » qu’il a pour­sui­vi. Isaar vou­lait al­ler le cher­cher, Kor­besh sui­vait son se­cond, le nain n’en avait rien à ci­rer et moi j’avais vrai­ment en­vie d’égor­ger ce peigne à cul de gnoll de Treg. Nous avons dé­ci­dé d’al­ler le cher­cher au le­ver du so­leil. Je pense que de toute fa­çon, per­sonne n’avait en­vie de s’en­fon­cer dans une jungle dans le noir. Al­thor a donc conti­nué son tour de garde, j’ai pris le sui­vant avec Kor­besh, et je suis re­tour­née vo­ler quelques heures de som­meil à la nuit.
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