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 Journal de ma seconde vie - Jour 1

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Nelphalyn
Plume et pinceau
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Messages : 498
Date d'inscription : 18/08/2014

MessageSujet: Journal de ma seconde vie - Jour 1   Mer 20 Aoû - 10:16


"Noir… Mouillé… Chaud… Trop chaud… Soif… Où suis-je ? J’ai l’im­pres­sion qu’il me manque un gros pan de sou­ve­nirs. Je vais ou­vrir les yeux. Ho et puis non, c’est trop fa­ti­guant. Bon, si, ça m’oc­cu­pe­ra."


Telles ont été mes pen­sées quand j’ai re­pris conscience après le nau­frage. Le ba­teau que j’avais pris à Ca­zel­ring pour es­qui­ver le… en fait je pré­fère ne pas pen­ser à ça. Ou­blions. Mon ba­teau a cou­lé. En­fin c’est ce que j’ima­gine, puis­qu’après avoir vu deux ou trois paires de ten­ta­cules géantes s’en­rou­ler au­tour en pleine mer et faire cra­quer la coque, je me suis bê­te­ment as­som­mée sur le bat­tant d’une porte. Je me suis ré­veillée là sur la plage, la tête dans le sable, as­soif­fée et un mal de crâne atroce. J’au­rai pu re­mar­quer le coin de pa­ra­dis où j’avais at­ter­ris mais hon­nê­te­ment, à part mon mal de crâne, le reste était se­con­daire.

Non, en fait ce n’est pas tout à fait vrai. Quand j’ai ou­vert les yeux et eu réus­sis à m’as­seoir j’ai re­pé­ré cinq hommes échoués par­mi quelques dé­bris de ba­teau tout comme moi. Les autres pas­sa­gers du ga­lion et trois ma­te­lots. Les deux pas­sa­gers, que j’avais sur­nom­més Pe­tit Gros et Robe, n’étaient pas de simples voya­geurs. Le pe­tit n’était pas vrai­ment gros mais il était vrai­ment pe­tit : c’était un nain. Plu­tôt tra­pu et tout en muscles, je n’au­rais pas ai­mé ré­col­ter une gifle de sa part, je te­nais bien trop à mes dents. Robe lui, croyait sa cotte de mailles dis­crète sous sa robe fa­ti­guée. Mais per­sonne d’un peu sen­sé n’au­rait pu ra­ter son gros mar­teau de guerre et ses drôles de d’ac­ces­soires en mé­tal au­tour des mains. Dé­fi­ni­ti­ve­ment, ils pou­vaient se dé­brouiller seuls. Les trois ma­rins en re­vanche c’était moins sûr. Au fond je m’en fi­chais, mais au lieu de res­ter à ne rien faire, au­tant leur évi­ter d’avoir la bouche qui crous­tille de sable trop long­temps. For­çant sur mes pauvres jambes molles, je suis al­lée re­tour­ner le pre­mier. Il était en vie, mais sa tu­nique dé­chi­rée avait si bien lais­sé rou­gir son dos sous le so­leil de plomb qu’il me re­mer­cie­rait de l’avoir mis à l’ombre. J’ai donc en­tre­pris de le trai­ner par les bras à l’orée de la fo­rêt tro­pi­cale.

Quand je me suis re­tour­née, Robe avait ré­veillé le se­cond ma­rin. Je me di­ri­geais donc vers le troi­sième. Alors que Robe me sui­vais à quelques pas, je vis Pe­tit Gros fon­cer comme un per­du vers la fo­rêt et s’y en­gouf­frer. N’y prê­tant pas at­ten­tion, j’ai sim­ple­ment ra­len­ti pour lais­ser le grand et son mar­teau me rat­tra­per. Je lui ai ten­du une main, ser­vi mon sou­rire spé­cial et lan­cé « Ryn » à la fi­gure comme un bon­bon à un gosse mais vi­si­ble­ment ma tech­nique éprou­vée avait trou­vé son maitre. Rien, même pas un ric­tus, ni un sou­pir. Il m’a ra­pi­de­ment ser­ré la main sans même y mettre de la force. Pour être par­fai­te­ment hon­nête, je me suis re­mé­mo­ré une jo­lie col­lec­tion de ju­rons à ce mo­ment-là. Sim­ple­ment, un gaillard comme ça sur une île dé­serte, c’est tou­jours mieux de ne pas le frois­ser. Alors j’ai fer­mé mon cla­pet et nous avons es­cor­té le der­nier ma­rin sous l’ombre des pre­miers arbres de la plage.

Les trois hommes de pont n’avaient vrai­ment pas l’air très frais. J’ai donc pro­po­sé de cher­cher un point d’eau pas trop loin. C’était moins pour rendre ser­vice que parce que j’avais soif moi-même ce­ci dit. Pour ne pas me com­pli­quer la tâche, j’ai donc sui­vi la trace peu dis­crète de Pe­tit Gros. On tra­dui­ra « trace » par mas­sacre de feuilles grasses et éra­flures sur les troncs sur une pe­tite cen­taine de mètres de fo­rêt dense et hu­mide. Au bout de la piste, un nain bar­bu à la trogne à peine ro­sie par le so­leil et la barbe trem­pée de l’eau va­gue­ment ter­reuse d’une source près de la­quelle il fai­sait vi­si­ble­ment une sieste. Je no­tais avec soin la taille de ses armes ba­lan­cées par terre ou ar­ri­mées dans son dos, confir­mant que non, une man­dale de sa part ne de­vait pas être bien agréable. Je ne sais plus trop ce que j’ai bien pu lui lan­cer comme phrase ri­si­ble­ment clas­sique conte­nant mon di­mi­nu­tif. La conver­sa­tion n’a de toute fa­çon pas conti­nué, in­ter­rom­pue par un hur­le­ment pro­ve­nant de la plage. « Des crabes géants » qu’il beu­glait.

Ni une ni deux, j’ai sor­ti mes grandes ju­melles de mon dos et après un coup d’œil au nain, me suis élan­cée au pas de course vers les cris. En che­min, les trois ma­rins pa­ni­qués m’ont croi­sée en sens in­verse avant que le nain ne me double en hur­lant quelque chose qui res­sem­blait étran­ge­ment à « de la bouffe ». L’es­pace d’un ins­tant j’ai hé­si­té entre trois manches en ber­mu­da qui courent dans un sens et un tas de muscles avec trois haches dans l’autre. Vi­si­ble­ment, Robe a dé­ci­dé comme moi : les haches. Nous avons donc cou­ru mal­gré la soif et la fa­tigue et dé­bou­lé sur la plage pour voir quatre crabes de la taille d’une table avan­cer à la queue leu-leu vers un nain af­fa­mé. Su­per. Le temps de cou­vrir les quelques fou­lées nous sé­pa­rant de lui, il avait dé­jà fen­du le pre­mier ani­mal en deux, propre et net, et se ruait sur le se­cond. J’ai donc dé­ci­dé de suivre sa cible et de lais­ser Robe et son mar­teau s’oc­cu­per d’une autre bes­tiole par­mi celles qui com­men­çaient dé­jà à s’en­fuir. Je me suis dit que tant qu’à faire au­tant es­sayer de don­ner du style à ce com­bat de brutes, alors j’ai sau­té avec l’in­ten­tion de per­cer le dos du crabe avec mes deux lames à l’ar­ri­vée. Manque de chance, c’était sans comp­ter sur l’ef­fet de la fa­tigue et de la soif sur mon agi­li­té, j’ai failli m’éta­ler. Le nain a donc por­té son coup, avec bien moins de vio­lence que le pre­mier ce­ci dit. En me re­le­vant pour ci­sailler la bête des deux mains, j’ai eu le temps de voir une es­pèce d’arc d’éner­gie sor­tir d’un des poings nus de Robe et griller son crabe sur place. La joie de sen­tir mes deux épées s’en­fon­cer dans la chair comme dans du vieux beurre m’a to­ta­le­ment em­pê­chée de ré­flé­chir à ce que j’avais vu. Sur le coup, j’ai sim­ple­ment ris en m’as­seyant au sol : nous avions à man­ger.

La suite de la jour­née reste très ba­nale. Nous avons échan­gé nos noms, ra­mas­sé du bois, rap­por­té de l’eau, dres­sé un camp pour la nuit et fait un feu sur le­quel le nain a cuit les crabes avec plus de ta­lent que je n’au­rais pu le croire. Robe s’ap­pelle en fait Al­thor et je suis sure qu’il est clerc ou cu­ré, le nain s’ap­pelle Go­lig et pas mal de jeux de mot me viennent à l’idée, et les trois ma­rins se nomment Isaar, Kor­besh et Treg. Isaar était se­cond sur le ga­lion qui nous a stu­pi­de­ment en­voyés ici. Après ré­flexion, il y a bien quelque chose à re­te­nir : Treg a quelque chose de bi­zarre qui me donne en­vie de lui ou­vrir le ventre par pré­cau­tion, mais je n’ar­rive pas à dire quoi, et je ne l’avais pas re­mar­qué avant cet après-mi­di. Je le garde à l’œil.
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